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Bienvenue sur le site de Bernard Blanché

Bienvenue sur le site de Bernard Blanché

 Né en 1948 Bernard Blanché hérite de son père ce goût pour la photo tout petit il fréquente le labo au fond de la cave et plus grand ne cesse de flirter avec ce mode d’expression : d’abord en noir et blanc (plus accessible financièrement) il crée tout au long de son odyssée professionnelle de nombreux laboratoires ou sa profession d’éducateur lui permet d’entraîner les jeunes vers cet art.
Anasthasia sur les traces d’Ulysse lui fait découvrir la couleur qu’il ne quitte plus depuis plus de 20 ans
C’est avec grand plaisir et en pleine maturité qu’il y a deux ans lui vint l’idée de ce sujet et surtout de le mener au bout. Son approche est transparente et il requiert l’adhésion d’une grande majorité des marchands de ce lieu
Je remercie donc mes parents, ma famille, mes amis, et toute la tribu qui m’a permit d’accomplir  ce long travail. Si cela permet de faire connaître cette profession et vous invite à les retrouver dans ce coin de Paris alors mon but sera atteint.


Préface du livre Les puces de Vanves
par
Teresa Cristina Carreteiro et Eugène Enriquez


Un marché d’antiquité et de brocante tel celui des Puces de Vanves peut être observé de plusieurs manières. Nous allons entreprendre un voyage, pour le découvrir, grâce aux photographies de Bernard Blanché. Combien de lentilles vont-elles être nécessaires pour capter son atmosphère. Nous ouvrons donc notre grand angulaire et nous armons nos zooms tout en sachant que nous ne pourrons jamais rendre un véritable hommage à la vision sensible de Bernard.
Les photos de ce marché témoignent de l’entrecroisement de multiples histoires. Et il y en a dans un marché tel que celui-ci ! Evoquons quelques unes d’entre elles, sans doute les plus évidentes. Un commerçant digne de ce nom (bien que ce terme soit bien pauvre pour exprimer la profession des exposants) ne vend pas un objet sans entretenir un rapport affectif avec lui. La plupart des professionnels que vous allez voir peuvent vous conter l’histoire de leurs objets, le moment où ils sont entrés dans le circuit commercial, les trajets qu’ils ont empruntés, les avatars qu’ils ont subis, les fonctions qu’ils remplissent, les détails plus ou moins cachés qui en font le prix, les astuces de ceux qui les ont fabriqués. Ces hommes ont avec les objets le même type de rapport que les artisans ont avec ce qu’ils produisent ou qu’ils produisaient antérieurement. L’objet qu’ils fabriquent est un objet complet, loin de faire partie d’une chaîne de production, encore moins de vente. L’objet est un tout insécable mais il garde en lui plusieurs histoires.
Il est un témoin, comme le dit Eclea Bosi, d’une époque, d’un temps et d’une pratique sociale. Parfois les conteurs-vendeurs peuvent vous dire à quelle famille il appartenait, la manière dont celle-ci l’avait investi affectivement et son histoire dans la famille. Ces données sont parties prenantes de cette part d’invisibilité qui se niche en lui alors qu’il est bien là, bien visible, disposé sur une planche, rangé suivant le goût esthétique de son « propriétaire de passage » en attendant un nouveau destin. Et le propriétaire actuel est le passeur (comme un passeur des deux rives) qui assurera la transmission à un nouveau propriétaire.
On perçoit alors les raisons pour lesquelles il est peu de personnes qui s’adonnent à cette activité. Elles font du commerce, bien sûr, mais elles ont aussi l’art de mettre l’objet en place, dans un contexte adéquat. Ces hommes et ces femmes sont non seulement des négociants mais également de vrais historiens-chercheurs-conteurs. Ces appellations cachées (car rarement dites à haute voix du fait, on ne sait pourquoi, d’une certaine pudeur) révèlent la véritable nature de la profession de ces commerçants d’antiquités.
Quant au public qui se presse, il est très hétérogène. Il y a ceux qui vont au marché avec un esprit d’anthropologue. Le marché, pour eux, devient un lieu de fouille. Soit les gens fouillent, une idée précise en tête, soit ils fouillent de façon aléatoire espérant trouver l’objet surprenant, celui dont ils rêvaient sans pouvoir, néanmoins, le décrire. Il peut se créer entre ces « chercheurs » et certains des historiens-commerçants un lien fort. C’est leur curiosité qui rapproche ces explorateurs de l’inédit, de la pièce rare, de l’objet susceptible de convoitise.
Il y a également les simples touristes, quelques uns avec un regard de voyeurs, d’autres plus attentifs et réceptifs à ce qu’ils peuvent découvrir. On croise aussi au marché les flâneurs qui se laissent conduire par l’ambiance, l’atmosphère attirante et suggestive du marché, les purs promeneurs qui sont captés par les sensations provoquées par le marché. Quelques objets leur rappellent leurs grands-parents, leurs aïeux, d’autres font sourdre l’envie de les posséder, d’autres encore engendrent l’imaginaire et font éclore des songes enfouis.
On rencontre, enfin, ceux qui sont motivés par un intérêt diffus et ils côtoient d’autres curieux aptes à se laisser toucher un jour de week-end ensoleillé ou pluvieux.
Le marché ne peut être compris si on ignore la relation qu’il entretient avec l’espace dans lequel il se déploie. Il y a quelque chose de magique, avec l’autorisation de la mairie, dans le fait de pouvoir disposer d’un espace et de pouvoir l’organiser à sa fantaisie (à la condition qu’elle ne contrecarre pas les désirs des autres), pendant un certain temps contrôlé, les matins des samedis et des dimanches.
Ce met en œuvre un art de l’appropriation provisoire de l’espace, de création de celui-ci comme si le temps n’était pas compté alors que quelques heures plus tard tous les objets doivent être, à nouveau, rangés, en attendant un nouvel étalage.
Les vendeurs parviennent à faire naître une atmosphère accueillante. On a parfois l’impression d’entrer dans des espaces semi-privés et c’est un plaisir de pouvoir s’y « micro-promener » ou de faire quelques pas à l’intérieur. N’oublions pas dans notre évocation du marché le moment des repas qui peut réunir des collègues et amis ou se tenir dans l’intimité ou celui où on mange, sur le pouce, un morceau de saucisson, arrosé du vin amené par le commerçant d’à côté. Et ceux qui passent observent avec plaisir (ou d’autres sentiments peu perceptibles) une vie qui se déroule et qui, dans quelques heures, sera dans la mémoire de ceux qui ont vécu ces instants féeriques.

Le marché de la Porte de Vanves est l’occasion de vivre un temps dans le temps et hors du temps. Naturellement le rapport marchand est là et bien là mais l’argent n’est pas tout et l’urgence n’entre en rien dans l’acte de vente. Au contraire, il s’agit pour les exposants d’établir un lien avec le temps qui échappe à la mécanique gestionnaire et marchande qui tend à devenir hégémonique actuellement. Le marché de Vanves est une zone-espace de résistance au Grand Marché qui nous imprègne et nous menace. En tant qu’espace de résistance, de liberté, il lutte pour continuer à faire partie de l’espace public où il s’est implanté.
Pour nous rendre vivant cet espace, Bernard Blanché nous donne à voir, à examiner attentivement, de nombreuses photographies. S’il a réussi dans son entreprise de nous faire éprouver la vie de ce peuple et de ces objets, c’est parce qu’il est non seulement un photographe de talent sachant travailler « sur le motif » (comme Cézanne le faisait dans sa peinture) prendre l’instantané significatif, voire décisif mais parce qu’étant éducateur toute la semaine, il est devenu également un ethnologue du quotidien le samedi et le dimanche. Un éducateur, travaillant dans un milieu à priori méfiant, parfois hostile, confronté à des cas variés et souvent complexes, doit pouvoir se faire accepter. C’est ce qu’a su faire Bernard Blanché avec les commerçants-conteurs-poètes des Puces de Vanves. Il a fallu qu’il vienne bien souvent, qu’il noue connaissance, qu’il se fasse des amis pour pouvoir un jour photographier les personnes, leurs objets, le marché tout entier dans sa dynamique et sa variété. Comme un vrai ethnologue il a su pratiquer l’observation participante, se fondre dans le décor, apparaître comme un vrai indigène de ce lieu.
Il ne suffit pas d’être un bon ethnologue. Il faut encore avoir l’œil. « L’œil écoute » disait Claudel. Il a vu ce que peu de personnes arrivent à voir, il a su écouter la rumeur, les histoires, les anecdotes, les poèmes qui scandent ces demi-journées éphémères. Et du coup il nous prend dans sa vision. Nous commençons, nous aussi, à percevoir les êtres et les choses, et à être sensibles à (osons un oxymore) « l’effervescence apaisée » qu’il nous propose avec modestie et avec acuité. Nous voilà devant un fragment de temps (qui semble ne jamais finir), devant un morceau d’espace (qui élargit notre horizon). Les scènes qui nous échappent quand on visite le marché, il a su les fixer tout en leur conservant leur caractère. Les objets sont là, les hommes aussi, les rayons de soleil, la pluie, les éclairages. Rien n’est omis, tout devient présent. L’oeuvre de Bernard Blanché échappe à la banalité. Elle nous permet d’entendre la poésie de la vie quotidienne. Elle donne de l’épaisseur à l’inédit comme à la vie courante, elle nous fait rêver du calme, de la musique, de la force de travail qui existent derrière le marché, de la présence de l’histoire et des histoires. Bernard Blanché met tous ces éléments en scène et en ordre d’une façon simple et profonde. Les photos de Bernard ne s’imposent pas, elles nous accueillent et nous laissent nous promener avec elles dans le marché de la Porte de Vanves.
Laissons-nous guider par Bernard. Nous ressortirons de cette promenade plus allègres et plus sereins car nous aurons partagé avec lui, et avec toutes ces personnes, un de ces rares moments de la vie qui exhale un parfum d’éternité.



Teresa Cristina Carreteiro
Eugène Enriquez
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